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Stade de France ce samedi, vous ne pouvez plus vous cacher. Stade Français ou Racing Métro, il faut choisir. Car ils ont beau être voisins, voilà deux clubs que tout oppose, sur et en dehors du terrain. Notre chroniqueur invité pour l'occasion, Ovale Masqué de la Boucherie Ovalie, lui, s'en fout complètement. Cependant, son instinct de super héros l'incite à prendre la défense de la veuve et de l'orphelin (un peu comme la FACEM, quoi) et donc se ranger derrière le coin du Stade Français, ce petit club en difficulté. Voici donc 11 bonnes (ou moins bonnes) raisons de supporter les stabilo boys demain...

 

Pour jouer à « Qui est-ce ? » dans les tribunes.

Pour combler les départs de ses deux joueurs les plus créatifs (Lionel Beauxis et Brian Liebenberg – c'est ça, moquez vous) le Stade Français a fait avec les moyens du bord et a récupéré une charrette de joueurs low cost qui faisaient banquette dans l'hémisphère sud. Des anonymes portant les noms de Francis Fainifo, Alex Rokobaro ou encore Morgan Turinui - dont on nous assure pourtant qu'il fut 5 fois sélectionné avec les Wallabies, mais il n'y a que Bernard Laporte pour y croire. Ces gars là étant absolument inreconnaissables, vous passerez une bonne partie de vos soirées à vous demander qui ils peuvent bien être. On peut aussi citer Gonzalo Tiesi, qui après 5 saisons aux London Irish et aux Harlequins, joue pour les parisiens depuis la saison dernière. Mais personne n'était réellement au courant de son existence avant qu'il se fasse démembrer vif par Courtney Lawes.

 

Parce que Charlety est le plus beau stade de France

Si je payais des impôts, ce qui n'est pas le cas parce que je suis un parasite social, je pense que j'aurais de violentes crises d'urticaire en passant devant le stade Charlety. Un stade payé par le contribuable, qui sert 2 fois par an pour des meetings d'athlétisme que même Patrick Montel ne voudrait pas commenter, on se fout vraiment de notre gueule quand même. Heureusement, le Stade Français a redonné une raison de vivre à ce grand stade vide mais quand même sympa car idéalement placé : vous pouvez venir en tramway (adieu RER B, et va te faire foutre à jamais) et en plus c'est juste à coté de la Cité Universitaire, LE lieu parisien où vous pouvez pécho de l'étudiante suédoise. Ajoutons que comme le stade est cent fois trop grand (20 000 places alors qu'il y a pas plus de 42 amateurs de rugby à Paris) et que vous pourrez aisément poser vos pieds sur le siège de devant, organiser un barbecue, faire votre jogging dans les escaliers façon Rocky, etc.

 

Parce que c'est peut être un club de milieu de tableau du Top 14...

Mais c'est assurément le meilleur club de rugby d'Argentine. D'ailleurs, le derby contre le Racing Métro, c'est finalement la version ovale du fameux Boca Junior / River Plate. L'ambiance dans les tribunes en moins.

 

Parce que le Stade Français, c'est un staff de classe mondiale

A lui seul, Mario Ledesma compte plus de sélections en équipe nationale que tout l'effectif parisien. Au moins, il n'aura pas de complexe de légitimité comme un certain « entraîneur de ProD2 » qui me fait d'ailleurs signe qu'il m'emmerde. Si on ajoute à ça Michael Cheika, le seul entraîneur du Top 14 à avoir été champion d'Europe avec Guy Novès, et Christophe Laussucq, excellent dans son rôle de Pierre Berbizier jeune, et vous avez un staff qui a de la gueule.

 

Parce que le Stade Français c'est trop déglingos

C'est vrai que le maillot du Racing est classieux, et qu'ils ont de très belles boutiques à Paris où vous pourrez acheter de très beaux polos pour frimer lorsque votre copine suédoise vous invitera à manger chez ses cons de parents. Mais n'oubliez pas ce que vous a enseigné le plus grand penseur de notre époque - non pas BHL, ni Alain Finkelkraut, et encore moins Mourad Boudjellal, mais Lady Gaga - : Etre différent c'est trop cool. Assumez donc votre maillot rose criard gay friendly, votre boxer Blanche de Castille, et allez danser sur des Adamo sans complexe à la buvette de Charlety. Par contre si comme moi vous habitez en banlieue, changez-vous avant de reprendre le RER, on ne sait jamais.

 

Parce que Felipe Contepomi

Dans le monde il y a deux catégories de personnes : Il y a ceux qui préfèrent Juan Martin Hernandez, ses yeux de chaton apeuré, sa petite barbe de latin lover savamment taillée, son accent et son sourire timide en interview. Bref, les pisseuses. Et puis il y a ceux qui préfèrent Felipe Contepomi, le chirurgien de nos coeurs transis, l'homme, le vrai, avec le crane glabre, l'oeil vif, l'assurance et la classe de Yul Brynner. Alors certes, Felipe n'a peut être pas l'élégance et les courses chaloupées d'El Mago, mais le voir courir partout, plaquer, passer, taper et surtout se faire défoncer dans tous les sens et toujours se relever est un spectacle qui n'a pas de prix. En même temps, un argentin qui a joué une bonne partie de sa carrière en Irlande, tu m'étonnes qu'il s'y connaisse en fighting spirit.

 

Parce que Pascal Papé

Ai-je besoin de développer ?

 

Parce que Paul Sackey

On sait que Paul Sackey possède de nombreux détracteurs (notamment un certain président toulonnais qui se demande encore pourquoi Philippe Saint André l'a préféré à Shane Williams) mais c'est pourtant un joueur très attachant. Déjà grâce à sa nonchalance légendaire : c'est bien simple, quand Paul Sackey est sur le terrain, on dirait que ça l'emmerde. Il a l'air à peine réveillé, le regard blasé, la dreadlock tombante, passe la plupart du temps les mains sur les hanches et défend (bien) quand il a envie, donc ça dépend un peu des matchs. Certains l'auraient même vu fumer une clope sur son aile lors d’une partie amicale. Paul Sackey, c'est aussi le seul ailier international comptant plus de 20 sélections à ne pas savoir faire un crochet. Par contre en ligne droite il court très vite. Il faut donc s'assurer de lui donner la balle quand il n'y a personne devant lui et bien lui rappeler d'aplatir car des fois il a aussi la flemme de le faire.

 

Parce que le Stade Français est un vrai club romantique

C'est vrai que ce club a connu quelques périodes difficiles, notamment sous Bernard Laporte et Nick Mallett avec un jeu froid et efficace, des internationaux à tous les postes, 3 équipes type, des Boucliers de Brennus à la pelle, tout ça. C'était à l'époque où ils se prenaient pour des toulousains. Heureusement depuis le Stade Français s'est forgé une image de club de losers bien plus en accord avec la mentalité et le plus pur style français. On a d'abord eu le duo Galthié – Landreau (une sorte de crossover Disney/Tex Avery associant Droopy et Joyeux) puis l'improbable tandem McKenzie & Dominici. Puis Jacques Motherfuckin' Manpower Delmas... 3 changements d'entraîneurs par an, des finales perdues à la pelle, souvent à la dernière minute et parfois en se faisant entuber par l'arbitre, Djibril Camara, la délocalisation fiasco à Bruxelles, les fourchettes d'Attoub et Dupuy, la faillite, le retour de Bernard, Djibril Camara, l'arnaque de la FACEM, des maillots toujours plus hideux, un stade qui veut pas se construire, un président qui s'en va comme un prince, Djibril Camara... il y aurait des romans à faire sur le Stade Français et ce n'est pas Raphael Poulain qui me contredira. Et encore, dire qu'à son époque c'était pas trop le bordel comparé à maintenant...

 

Parce qu'on a tous déjà regardé le calendrier

Ne serait-ce que pour se comparer. Et on a beaucoup complexé après. Du coup on s'est remis au sport, et c'est pas plus mal.

 

Parce que je suis un boucher

Pascal Papé, David Attoub, Julien Dupuy, Sergio Parisse, le nouveau venu Paul Williams... et bien sûr le plus beau de tous, Rodrigo « Raging Bouboule » Roncero : le Stade Français dispose d'une vraie bande d'Inglorious Basterds, d'insatiables collectionneurs de cartons jaunes, d'abonnées de la commission de discipline, de recordmen des semaines de suspension. Et ça c'est beau, surtout de la part de mecs qui se trimballent en rose bonbon et qui font des tours d'honneur sur du Abba à la fin des matchs...

 

Ovale Masqué from Boucherie Ovalie.