TOULOUSE_JOIE_031211

En ce premier samedi de décembre, deux options se présentaient dans la Ville Rose à toute personne qui aurait souhaité animer un peu son weekend. D’un côté, un match au sommet entre deux grands du championnat de rugby français et de l’autre le Salon de l’érotisme. Bon évidemment, vous vous doutez que j’ai choisi… l’Ovalie, conscience journalistique oblige. Et parce qu’une place m’avait été gracieusement offerte par de généreux bienfaiteurs il faut l’avouer. L’occasion de vous raconter qui a mérité de se revendiquer rouge et noir. Rien que ça !

 

Le mercredi aux alentours de 13h00, mon téléphone vibre, un message vient me proposer une place pour cette affiche du Top 14 entre les deux frères ennemis. La décision est vite prise, et je laisse mes deux compères et employés bénévoles couvrir l’autre match que nous avions prévu de vous raconter ce weekend. Un toulousain qui se respecte ne peut décemment pas refuser une telle proposition. Je ne suis pas allé au stade depuis un certain Stade Toulousain-UBB, assez intéressant en termes de spectacle mais un peu moins dans l’opposition, et j’attends donc cette rencontre avec impatience. Pour me rassurer, j’achète, dès l’ouverture des kiosques le vendredi, ce fameux journal imprimé sur papier prémâché consacré au rugby. Pas le temps de lire les premières pages couleurs qui tentent de nous vendre un derby foireux, ni même celles qui parlent encore du derby houleux, je file aux compositions. Faut dire que pour cette 8ème journée (face à Bordeaux) Guy nous avait concocté une équipe bis de derrière les fagots, et la H Cup approchant je me méfie des surprises du technicien toulousain. Mais ouf, chaque équipe est bien décidée à ne pas brader la rencontre.  Les lignes de ¾ font rêver et les avants ne sont pas en reste. Pour faire court, Novès se permet même le luxe de laisser Médard sur le banc et aligne (à l’exception de Steenkamp, blessé) ce qui ressemble beaucoup à une équipe type. Pour les visiteurs, Giteau (prononcez donc comme bon vous semble) pourrait prendre place aux côtés de notre chouchou à la rédaction, Mathieu Bastareaud. Une association qui si elle s’entend bien peut faire des dégâts, un poil au dessus, peut-être, de la paire Jauzion-Fritz qui lui fera face.

Après cette rapide revue d’effectif, il est donc temps de partir pour le Stadium afin de passer aux choses sérieuses. Les dirigeants ne s’y sont pas trompés et l’enceinte municipale affiche presque complet pour ce choc. Bon, les footballeurs risquent encore de râler au sujet de la pelouse mais peu importe. Coup de bol, j’arrive au moment de l’annonce des compositions d’équipe et comme prévu Guy Novès prend le match au sérieux. Par contre Bernie a préféré Lovobalavu à Bastareaud, et pour cela il va devoir payer !

Les 30 joueurs entrent donc sur la pelouse, les Toulousains dans leur maillot traditionnel rouge et noir alors que les Toulonnais arborent leur tenue extérieure à dominante blanche. Autant dire que nous avons déjà remporté le match des tuniques. C’est donc le début de la partie et les locaux l’entament sur les chapeaux de roue, Matanavou semblant déjà intenable. Mais devant, c’est également du solide et le pack le prouve dès la 5ème minute en enfonçant la mêlée varoise au milieu du terrain. Oui mais voilà, le néozélandais McAlister a encore quelques réglages à faire sur son pied droit et sa première tentative passe à côté, comme la seconde cinq minutes plus tard. Rageant après le début de saison canon du joueur. Entre temps, Wilkinson tente de prendre un intervalle, tape au pied et se fait légèrement bousculer ce qui n’est pas du goût de l’homme au sifflet qui lui accorde une pénalité. L’anglais se fait donc justice lui-même pour permettre à Toulon de mener 0-3. Rien de bien inquiétant à vrai dire pour le moment. Enfin presque… Sur une action qui parait banale (mais se déroule de l’autre côté du stade) Poitrenaud reste au sol visiblement touché à la cheville. Médard sort donc du banc après un quart d’heure de jeu pour disputer plus d’une heure de la rencontre. Peut-être l’occasion pour lui de se montrer un peu après une période en demi-teinte.
C’est alors le début du show Picamoles probablement lancé pour le titre d’homme du match. Avançant à chaque impact, il arrive en bout de ligne, raffute, percute et transmet en tombant à son ailier fidjien qui n’a plus qu’à plonger. C’est ce que l’on appelle un essai sur un plateau. Derrière, Luke McAlister transforme pour permettre à l’équipe de mener 7-3.


D’ailleurs en parlant de Luke, c’est l’occasion de faire une petite parenthèse afin d’évoquer le second, Burgess. Sur les quelques bouts de matchs que j’avais pu voir, l’Australien semblait vraiment enthousiaste et capable d’envoyer du jeu et j’attendais donc de le voir pour l’observer un peu. Et je n’ai vraiment pas été déçu par sa prestation, une belle pioche du staff toulousain. Le demi de mêlée est joueur (un peu trop ?) et libère rapidement de bons ballons malgré sa propension à effectuer un pas avant chaque passe. En plus, il baragouine déjà en français et a l’air plutôt drôle. Mon nouveau chouchou chez les trois-quarts. Pour couronner le tout, lors du traditionnel tour de terrain de fin de match pour remercier les supporters, il se met à sauter lorsque le virage entonne un « Qui ne saute pas n’est pas toulou-sain ». Le public est conquis.

Mais revenons donc au match. Les visiteurs ne sont pas décidés à lâcher le match facilement et Wilkinson ramène les siens à un point après un ballon conservé au sol par Vincent Clerc. Pas de contestation possible, la balle passe en plein milieu des perches et les deux assesseurs lèvent immédiatement leurs drapeaux. Deux assistants certainement jumeaux, chauves et probablement malvoyants tous les deux au regard de leur prestation globale. Cependant l’arbitre central n’es pas en reste et réussi à accorder une pénalité aux Toulonnais pour une mêlée qui tourne alors que leur pack ne compte plus que 7 joueurs après le carton jaune récolté par Genevois qui n’était pas à dix mètres sur une pénalité rapidement jouée. Bon forcément, Wilkinson la passe ce qui fait 10-9 puisque McAlister venait d’ajouter 3 points après la sortie du talonneur varois.

Une course-poursuite qui va durer jusqu’à la mi-temps, chaque buteur passant une nouvelle pénalité pour ramener les deux équipes aux vestiaires sur le score de 13-12 en faveur donc des Toulousains. Bon on va se l’avouer, jusque là c’est un match bien mais sans plus salué par quelques gouttelettes.  Par contre comme prévu, les jardiniers ont du boulot à la pause. La pelouse a morflé, ce qui a le don d’énerver William Servat. Beh oui, il veut bien retourner des mêlées à lui seul mais si le matériel ne suit pas…

A la reprise, McAlister s’empresse de remettre les choses au point concernant son jeu au pied avec une pénalité aux 50 mètres (un poil près pour lui tant il semble qu’il pourrait taper depuis son propre en-but) mais vu le scénario de la première période, on s’attend à voir Wilkinson lui répondre. Pas la peine, l’arbitre va s’en charger en envoyant Census Johnston dehors 10 minutes pour une charge à l’épaule. Mais les Toulonnais sont jaloux et tentent de l’imiter en découpant comme il se doit Vincent Clerc, auteur l’instant d’avant d’une belle passe en manchette façon volleyball. Pas de bol pour eux, McAlister enchaîne et offre sept points d’avance à son équipe, histoire de dire au sujet de sa Majesté que cette après-midi le buteur c’est lui. D’ailleurs Sir Johnny va tenter quelques instants après d’imiter son vis-à-vis du milieu de terrain mais son coup de pied est trop court malgré les quarante minutes de préparation avant de taper. On en reste à 19-12 avant que la machine infernale se mette en route moins de dix minutes plus tard.

Bien aidés par des avants conquérants à l’image d’un Picamoles inarrêtable et gagnant au moins trois bons mètres à chaque impact, les ¾ vont se mettre à jouer à la toulousaine. Le ballon vogue de droite et de gauche sans jamais tomber ou s’arrêter et les varois sont aux abois en défense. Yannick Jauzion se prend alors lui aussi au jeu et tape un coup de pied à l’angle de l’en-but pour Clerc. Trop vite, trop fort, trop beau, le gendre de Guy aplatit juste avant la sortie en ballon mort. Superbe. Et pour ne rien gâcher, l’artilleur néozélandais transforme cette réalisation. Les Toulousains sont lancés et mènent désormais 26 à 12.

Il reste 20 minutes mais les locaux semblent désormais un ton au dessus. Du coup, Guy en profite pour faire tourner et envoie Gary Botha pour permettre à la Bûche de souffler, coaching classique. C’est ensuite Florian Fritz qui sort sans même prendre de carton jaune, cédant sa place à Yann David (qui va s’illustrer dès sa rentrée par une belle course de 60 mètres). Stupéfaction dans le stade à l’annonce de cette nouvelle ! Pour venir compléter tout ça, Bernard Laporte décide de me faire plaisir et fait rentrer Basta, plutôt convaincant d’ailleurs durant ces quelques minutes. Malgré les errements de l’arbitre (qui envoie tout de même Jean Bouilhou dehors) l’ambiance est bonne et la ola s’offre quelques tours de stade. Le spectacle est complet. Enfin presque.

Le pauvre Giteau, malgré une belle défense et une bonne passe longue pour son ailier, ne vit pas un super match entre plaquage appuyé de Fritz qui le surveille comme le lait sur le feu, et un jeu au pied pas totalement satisfaisant. Mais le pire est à venir. Sur une séquence un peu folle, Burgess traîne entre Giteau et Gunther et intercepte la passe du premier nommé avant de partir vers l’en-but poursuivi par le second. Mais le « petit » aussie a les crocs et compte bien saisir sa chance cette fois. Il tombe, se relève, est plaqué à nouveau mais parvient à se retourner pour inscrire son premier essai et donc ses premiers points sous le maillot toulousain. Chapeau Luke n°2 ! Bon pour ne rien gâcher, Doussain transforme puis met un terme à cette partie.

Saisissant. Après un non-match à Brive, les Toulousains ont repris leur marche en avant et s’offrent une victoire bonifiée avec la manière contre des Toulonnais qui ont su rivaliser en première période avant d’être pris de vitesse à vingt minutes de la fin. Car il faut rendre hommage aux visiteurs. Pour voir un beau match, il faut deux bonnes équipes et les joueurs de Laporte ont présenté une belle opposition cette après-midi. De quoi donner envie de se faire inviter à nouveau sans regretter d’avoir loupé le salon de l’érotisme!

Et si tout n’est pas clair, je vous laisse avec le résumé vidéo de la rencontre.

Ah au fait, vous le saviez certainement déjà, mais les vrais rouge et noir sont toulousains.

S.K. en direct du Stadium Municipal de Toulouse.