En ce samedi après-midi ensoleillé, je me suis rendu pour vu dans l’antre du plus boucher de tous les irlandais. Pour vous, chers lecteurs, j’ai risqué ma vie, afin de vous faire partager un match au préalablement proposé dans la chronique TV. C’est-à-dire que cela faisait un petit bout de temps que nous n’avions pas vu un match pour faire vivre la chronique On y était. Faut dire que le temps qu’il a fait ne nous a pas beaucoup aidé. Enfin, le soleil et sa chaleur sont de retour sur les bords de la Garonne, et c’est tout naturellement que je me suis rendu au De Danu, pub d’un certain ancien seconde-ligne du Stade Toulousain, j’ai nommé Trévor Brenan.

Je me suis donc rendu là-bas, presque à l’heure, pensant voir mon équipe de cœur prendre une rouste de tous les diables et rentrer à la maison la besace pleine. Et bien, j’ai été agréablement surpris par la tournure de la rencontre. Les Agenais sont venus avec des intentions, et le font savoir en envoyant du jeu dès le début du match. Ils sont très vite récompensés par la botte de Machenaud, le demi de mêlée bleu et blanc, promis à un bel avenir. Quatre minutes plus tard, Beauxis et son pied chirurgical égalise. Et puis tout d’un coup, le pub se tait. Plus aucun bruit, même les serveurs s’arrêtent, comme sonnés par ce qui vient de se passer. Les Toulousains jouent à l’envers, permettant aux ciel-et-blancs de bénéficier d’une très bonne touche. Elle est parfaitement négociée, les gros font le boulot, et Machenaud sert Pelesasa, ouvreur occasionnel en l’absence de Bernard, qui perce petit côté et aplatit en terre promise. Machenaud, toujours lui, transforme. Stade Toulousain 3 – SU Agen 10. A ce moment là, je suis submergé de souvenirs. Je revois Titou Lamaison et François Gélez enquiller les pénalités pour sortir vainqueur d’une demi-finale de Top 16 fratricide quelques années plutôt. Quand je reprends mes esprits, Beauxis a réduit le score avec deux nouvelles pénalités. On me raconte la superbe relance agenaise initiée par Dulin quelques minutes plus tôt que je n’ai apparemment pas vu, plongé dans mes souvenirs. J’en avais même oublié de boire mon demi ! Heureusement pour moi, McAlister m’aide à reprendre mes esprits en fixant deux défenseurs pour offrir un caviar à Yves Donguy après une grosse domination toulousaine et une défense agenaise héroïque. Cependant, le Stade vire en tête à la mi-temps 13 à 10. Le match est plaisant mais je suis inquiet en ce qui concerne la seconde mi-temps. Les deux effectifs ne sont pas comparables et les internationaux toulousains assis sur le banc de touche pourraient faire la différence dans le second acte.

A noter pour l’anecdote que les serveurs s’efforcent d’ignorer nos requêtes pour retransmettre le match sur la télévision située juste dernière nous. Ils préfèrent nous faire souffrir en nous infligeant un terrible match de FA Cup anglais, Chelsea – Birmingham. Heureusement, il n’y a pas de prolongation chez nos amis d’Outre- Manche, et le score de parité, 1 à 1, digne d’un Sochaux – Brest, signe la fin de notre agonie. Le choc de la Garonne peut reprendre ses droits, même si, les serveurs (décidemment !), ne s’en sont pas aperçus, ainsi que la moitié des gens présents au pub, puisque le son de la télévision avait été remplacé par de la musique.

Bref, une fois cette injustice réparée, je m’en vais quérir à nouveau un peu de houblon, sentant la catastrophe se profiler, pour mon équipe. Et comme je le craignais, cela commence par une nouvelle pénalité Beauxisienne, donnant un peu plus de marge aux locaux. Cependant, dans la minute suivante, mes yeux s’écarquillent en grand, mon cœur bat la chamade, mes poils se hérissent. Census Jonhston vient d’effectuer un des plus beaux gestes techniques pour un représentant des îles, la corde à linge. Remarquez, il n’a pas tort, c’est un temps à faire sécher ses affaires dehors. Bon, pour le coup, c’est ce qu’il va faire ayant reçu une petite biscotte dorée de la part de l’arbitre de cette rencontre. Très bon cette après-midi par ailleurs. Blague douteuse de côté, les joueurs du Stade (je le rappelle pour les novices, il n’y a qu’un stade) se retrouvent à 14, avec un joueur de 1ère ligne en moins. Je me dis que c’est peut-être le tournant du match. Dix minutes et trois demis plus tard, je me rends compte que ça ne l’était pas, Mc Alister offre un 3ème essai en deux matches à Donguy. Son 8ème de la saison, le faisant passer en tête du classement des meilleurs marqueurs, devant notre ami fidjien Malavalavanou. L’affaire semble entendue, l’essai ayant été transformé une fois de plus pour le sans faute de l’ouvreur local, encore. 21 à 10 donc. Et là je me dis que les cinq demis que je viens de boire ne vont pas suffire pour terminer la rencontre. Je m’affole donc, et me fraye un passage vers le bar. J’en commande deux de plus. Comme le nombre de fois où, je pense, les toulousains vont franchir la craie blanche (je ne parle pas de Gasquet) avant la fin de la rencontre pour aller chercher le bonus offensif.  Le carton jaune agenais n’y fera rien. Malgré un finish des plus haletants, l’essai sur la sirène des agenais est refusé (à juste titre) et Mr l’arbitre renvoie tout le monde aux vestiaires.

Le point de bonus n’aurait pas été immérité pour des agenais vaillants, joueurs et solidaires. Cependant, la loi du sport est souvent injuste, la mêlée leur ayant fait défaut. Comme dirait les anglais « No scrum no win ». Et c’est avec ce proverbe que les toulousains prennent le large en haut du classement. D’un point de vue personnel, j’ai assisté à un très beau match, avec de belles envolées de chaque côté. Deux jeunes joueurs agenais m’ont particulièrement marqué, l’arrière Brice Dulin ainsi que le demi de mêlée Maxime Machenaud, tous deux promis a un avenir radieux. J’ai même cru par moment que nous étions de retour une décennie en arrière et que les deux équipes jouaient pour le sacre final. Enfin un joli match donc, et deux belles équipes pour fêter le retour du soleil. Quant à moi, il est l’heure de trouver les WC. Le panneau « Toilets » aidant, je tenterai ensuite de rentrer à la maison, où si quelqu’un voulait bien venir me chercher, ce ne serait pas de refus vu mon état.

 

MLF, un brin trop joyeux, malgré la défaite.