A moins de vivre dans le fin fond de l’Aveyron, où l’on annonce la sortie du Walkman pour septembre prochain, vous n’avez pas pu échapper à cette déferlante d’évènements sportifs qui s’est abattue sur la planète en ce long weekend férié. Alors forcément chez Keposport (blog spécialisé dans le traitement de l’actualité sportive pour les nouveaux) c’était l’effervescence. Une ribambelle de finales s’offraient à nous, et en journalistes consciencieux nous n’en avons loupé aucune, de la Ligue des Champions Féminine à la Ligue des Champions Masculine, en passant par l’Amlin Cup et la H Cup. Une activité comme nous n’en avions plus connu depuis la Coupe du Monde de Rugby et les quatre rencontres d’affilée. Et pourtant, il y en a un qui avait la moue dubitative et qui semblait préoccupé par quelque chose de bien plus important. FM, pour ne pas le nommer, observait ces rencontres s’enchainer  sans s’enthousiasmer outre mesure (il faut dire qu’après RCT-BO, pas évident). Mais la raison était finalement toute simple : Pour clôturer les festivités, le derby landais était au programme pour les demi-finales de Pro D2, entre Mont de Marsan (MdM) et Dax (USD). Forcément dans ce genre de matchs, interdiction de perdre quitte à sortir du terrain les pieds devants et c’est bien ce qui occupait l’esprit de notre régional de l’étape, qui vous racontera ça mieux que moi. Voici donc le récit de notre expatrié, saveur p(a)in des Landes et canard gras, ou comment faire rimer MdM avec Monde de Merde.

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Lapinou, premier supporter de l'USD, club de l'un de ses frères. Prenez ça les Armitage!

Le mois de mai apporte toujours son lot de grands moments sportifs, de finales et d’exploits en tous genres. Chacun a son préféré, et ce week-end, il y avait l’embarras du choix.  La finale d’Amlin Cup, la finale de Ligue des Champions, la finale de la HCup etc. Mais ce que j’attendais le plus, en secret, c’était les demi-finales de ProD2. Parce que personne n’en parle, peut-être parce que tout le monde s’en fout, mais moi j’y tiens. Pourquoi ? Parce que même si je suis Toulousain depuis plus de 10 ans maintenant, je suis Dacquois d’origine, un vrai, un dur. Alors ce Mont-de-Marsan/Dax, le Biarritz/Bayonne du pauvre, je l’attendais. Cette confrontation, ce duel fratricide contre ces idiots finis de Montois… J’avais donc placé mon maillot de l’USD en évidence dans l’appartement pour faire un semblant d’ambiance de phase finale. Parce que perdre une demi-finale ça peut arriver, mais pas contre Mont-de-Marsan.

Première déception de cette longue fin d’après-midi pluvieuse : le match est diffusé sur Eurosport, ce qui est complètement injuste après la diffusion sur France 3 de La Rochelle/Pau, les monstres à crêtes version discount. Et comme l’USD mérite à mes yeux mieux qu’un streaming hongrois, je trouvais finalement un endroit où regarder le match confortablement installé sur un canapé. Avec 8 minutes de retard et un 6-0 pour MdM. Le vent souffle défavorablement contre l’USD, donc je prends mon mal en patience. Un essai plus tard devant une défense complètement absente et une pénalité plus loin, 14-0 et mi-temps. Oui je fais la version courte, un peu comme les bras du talonneur dacquois avec la tête aussi plate qu’un discours de Ribery. Il faut avouer que le match n’a pas une grande intensité, mais comme j’ai regardé Biarritz-Toulon, je me dis que j’ai pas le droit d’abandonner en cours de route.

L’USD va jouer avec le vent en deuxième mi-temps. Xavier Garbajosa dont j’ignorais la présence au stade se révèle aussi utile sur le bord du terrain que Califano lors de la dernière Coupe du Monde. Coup d’envoi et coup de tonnerre, les jaunes et noirs marquent d’entrée. Je m’enfonce un peu plus dans mon canapé. Les rucks sont de plus en plus agressifs, les montois ont de plus en plus de mal à se relever, la faute à des dacquois frustrés et qui mettent des parpaings à qui passe trop près. Mention spéciale au pilier dacquois qui met un superbe coup de tête dans la colonne vertébrale du pauvre montois qui traînait là. Mr Péchambert, débarqué du Top 14 pour l’occasion a décidé d’arbitrer comme en Fédérale et siffle n’importe comment sur les rucks et les mêlées.
Soudain l’espoir renaît : essai de Mirande sous les poteaux et sur le coup d’envoi qui suit, pénalité pour l’USD et carton jaune pour un montois coupable d’injures envers Dax. Une action qui coute 3 points de plus au Stade Montois. Si quelqu’un sait ce que le joueur montois a dit, qu’il n’hésite pas à nous contacter via Facebook ou Twitter !
Malgré un nouvel essai en fin de match du même Mirande, mes cris désespérés et un ultime baroud d’honneur, MdM l’emporte 24-20 et met fin aux espoirs dacquois. Bande de chacals. J’y ai cru au retour fantastique !  Surtout qu’Olivier Magne avait réussi à relancer le suspens insoutenable de ce match pendant ces deux dernières minutes ou j’ai cru à l’essai de 100 mètres venu d’ailleurs. Dax a même eu une pénalité pour trouver une touche en bonne position, mais un plongeon plein de grâce désespéré de l’ailier montois empêcha le ballon de sortir. C’en était fini donc…

La finale opposera les Montois à la Section (ancien club de Damien Traille il ne faut pas l’oublier). Ca aura un avantage, de ne pas se planter dans la couleur des maillots sachant que Mont-de-Marsan et La Rochelle jouent avec les mêmes couleurs. Parce que je sais que certains arbitres ont des problèmes avec les couleurs des maillots quand ils sifflent. Enfin je crois. Je sais pas, je demanderai à Wayne Barnes si jamais.

Je coupe la télé. Je l’aurai ma revanche. De toute façon les férias de Mont-de-Marsan elles valent pas un kopek face à celles de Dax, et si vous avez de la chance, vous me verrez entre le 10 et le 15 août errer devant le stade Maurice Boyau, un verre de Jacqueline à la main, en promettant à qui veut bien l’entendre qu’un jour Dax vaincra. Et si vous êtes aussi mascagné que moi, alors vous me rejoindrez dans mon délire éthylique. Sinon, vous aurez envie de me rire au nez, mais qu’importe. Je vous proposerai à boire. Pourquoi ? Parce que passé une certaine heure c’est open bar dans mon portefeuille. Et parce qu’aussi un Dacquois se doit d’offrir l’apéro quand il boit à domicile, sauf à un Montois, pas cette fois.

 

F.M.,  en mal du pays.