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Save the world. Get the girl. Be a hero.

 

A la rédaction de Keposport, nous partageons deux passions: le rugby et les comédies musicales. La vie ne nous ayant pas offert de talent particulier pour l’un des deux, notre existence n’était jusque là que tristesse et regret. Mais c’était avant d’avoir l’idée de combiner les deux. Derrière nos claviers, nous avons imaginé à quoi pourrait ressembler le premier music hall ovale et n’avons rien laissé au hasard. Voici donc sur une mise en scène de Kamel Ovali, le Rugby Music Hall:

 

Acte I: Les temps sont durs, et en particulier pour François. Le pays a connu une véritable bérézina, et lui n’a même pas pu défendre cette patrie. Bouté hors des rangs avant même le premier coup de clairon, il s’est réfugié dans son Languedoc natal, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus, blessé dans sa chair par les trahisons du rugby français.

Depuis, il réapprend à apprécier ce sport auprès d’un homme à l’accent troublant qui ne cesse de lui répéter à chaque entrainement que la destinée du rugby français est entre ses mains. Petit à petit, il se laisse bercer par ces douces paroles et après un bon plaquage en planche sur un DuPlessis, il se relève le sourire aux lèvres et entonne ce chant, rapidement rejoint par ses coéquipiers:

 

Plaquer c'est ce qu'y a d'plus beau

Plaquer c'est monter si haut

Et froisser ses abdominaux

Plaquer c'est ce qu'y a d'plus beau

 

Plaquer c'est s’rentrer dedans

Plaquer c'est rester vivant

Et ruiner au moins quelques dents

Plaquer c'est c'qu'il y a de plus grand



Acte II: Ragaillardi par ces paroles, et une chorégraphie chatoyante, François décide de reprendre les choses en main. Après avoir rasé son duvet de trois semaines, et enfilé sa plus belle chemise à carreaux, il prend le chemin de la capitale, bien décidé à remettre de l’ordre dans la maison. Foutu pour foutu, il profite même d’une invitation au très prisé Canal Rugby Club pour prononcer un réquisitoire enflammé contre les instances vieillissantes du rugby. D’abord fortement courroucée d’avoir été utilisée de la sorte, la belle Isabelle s’éprend petit à petit de ce charmant garçon tandis que des paroles comme des poignards surgissent de sa bouche pour viser le coeur de la FFR.

 

Les rois du monde (ovale) font tout ce qu'ils veulent

Ils ont du monde autour d'eux mais ils sont seuls

Dans leurs châteaux là-haut, ils s'empiffrent

Pendant qu'en bas nous on s’file des bourre-pifs

 

Nous on fait l'amour et du rugby

Jour après jour nuit après nuit

À quoi ça servait l’Angleterre

Si c'est pour s’prendre une telle misère

...



Acte III: Après son passage remarqué sur la chaine cryptée, François est assailli de toutes parts et doit composer avec l’intérêt soudain que tout le monde lui porte. Le premier message qu’il reçoit lui est adressé par l’ignoble vizir Mourad qui lui explique son plan machiavélique pour dominer le monde. Enfin l’Europe, au moins. Presque séduit par les sirènes de la Rade, et amusé par la concurrence de Quade Cooper, François se ressaisit juste à temps et ne dévie pas de sa route. 
Dans le terrible fief de Marcoussis, la  vieille république des Copains est ébranlée. Le discours de François a fissuré cette carapace couleur pot-de-vin que l’on pensait si solide. Fragile, S.Blanco entonne le blues du rugbysnessman:

 

J´suis pas heureux mais j´en ai l´air

J´ai perdu le sens du french flair

Depuis qu´j´ai le sens des affaires

J´ai réussi et j´en suis fier

Au fond je n´ai qu´un seul regret

C’est d’avoir pris Pascal Papééééé

 

Qu´est-ce que tu veux mon vieux?

Dans l’rugby on fait ce que je veux

Pas c’qui est le mieux

J’aurais voulu être un bon 10,

Avoir enfin, l’bon numéro.

Au moment ou j’entre sur la piste

Avec Guitoune et puis Grosso

J’aurais voulu être un buteur

Cela aurait changé ma vie

J’aurai voulu un entraineur

Qui m’aime enfin pour c’que je suis

La suite et fin de cette comédie musicale arrive très vite.