Après les évènements bien (trop?) connus du match aller, nous ne pouvions rater sous aucun prétexte le fameux derby basque qui s’annonçait. D’abord parce qu’il devait décider, ou fortement influencer l’issue finale de la saison pour les deux clubs concernés, mais aussi et surtout parce qu’il s’annonçait comme l’un des matchs les plus engagés de la saison. Décidé à marquer le coup, et un peu lassé des streamings 8 pixels, je choisissais de visionner la rencontre dans un endroit particulier, et j’embarquais pour l’occasion le presque-régional de l’étape, FM. Nous nous retrouvions donc dans un bar, adapté à l’évènement, affublé du même adjectif que le derby du jour. Pas tout à fait impartiaux, nous avons vécu ce match et ses à-côtés, et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous reprenons la rubrique consacrée à ce genre de situations, les On y était. Retour donc sur ce derby vu depuis la Ville Rose, où nous attendions beaucoup après le match insipide de la veille livré par les Rouge et Noirs (ou comment vous parler quand même du Stade dans un article sur Bayonne-Biarritz).

alain-afflelou-et-serge-blanco-au-debut-du-match_731364_660x439
« Vous êtes Smaïn, le comédien ? Oh j’adore tout ce que vous faites, merci d’être venu ! »



A notre arrivée dans l’établissement, quelques clients occupaient la terrasse, mais pas un chat à l’intérieur, ce qui explique peut-être le regard interrogateur du patron à notre égard en nous voyant débarquer. Oui car pour une fois, nous étions en avance sur le coup d’envoi, et nous fûmes donc inviter à prendre place dans l’arrière-salle, visiblement dédiée à la diffusion de la rencontre, par le maître des lieux, une sorte d’ancien du KGB version miniature. Courageux mais pas téméraires, nous nous sommes installés en souriant aux vannes marmonnées par le bonhomme susnommé, commandant au passage les deux premières pintes de l’après-midi. D’ailleurs avant d’aller plus loin, il nous faut faire un point sur ce breuvage vendu sous la dénomination de bière. En effet, comme la cervoise, ce truc n’a pas manqué de nous faire vidanger environ tous les quarts d’heure. Seulement, claquer le prix d’un kebab pour du liquide vaisselle même pas accompagné de cacahuètes... Mais nous avions soif, d’autant plus avec notre chevauchée en Vél’ÔToulouse (Vélouse pour les intimes) pour rejoindre le lieu de diffusion.

Enfin c’est dit, et passons maintenant à la rencontre, car nous avons bien failli la louper. En effet, quelques minutes avant le coup d’envoi nous était proposé une rediffusion d’Atlético Madrid - Real Madrid dont S.K. connaissait déjà l’issue mais pendant lequel nous avions l’impression d’être des voyants, connaissant d’avance le score et les scoreurs. Une idée vint soudain à F.M. qui suggérait alors que cela ferait un bon film que quelqu’un connaisse les évènements du lendemain. Lorsque S.K. expliqua que ceci avait déjà été fait, F.M. se replongea dans sa bière.
Il nous fallu ensuite préciser au patron mafieux que le match diffusé à ce moment était Sunderland-Wolverhampton (qui finira sur un superbe 0-0 soit dit en passant) et qu’il fallait donc changer de chaîne sous peine de spectateurs mécontents de la publicité mensongère faite à l’entrée du bar.

Première illumination de l’après-midi : Isabelle Ithurburu, aka “Isabeeeeelle”, son sourire ravageur n’ayant d’égal que son charme divin. Les yeux rivés sur l’écran, nous en oublions presque que la salle se remplit petit à petit et que le match n’allait pas tarder à débuter. Quel dommage, la présence d’Isabelle sur l’écran nous fait soudain oublier tous nos malheurs et même l’horrible arrière-goût laissé par nos bières se réchauffant, et pourtant il fut sacrément tenace.
Il faut aussi souligner une bien belle Peña Baiona qui résonnait vigoureusement dans les travées de Jean Dauger au moment de l’entrée des joueurs, de quoi vous foutre les frissons. De la à dire qu’on était limite jaloux...

Bon par contre dans le jeu proposé, soyons clairs, pas grand chose à envier à ce derby qui se résumera dans les grandes lignes à un affrontement entre l’Aviron Potgieter et le Yachvili Olympique. Bon le biarrot tout le monde le connait, et à vrai dire, Blanco pourrait sérieusement songer à lui ériger une statue en granit blanc d’une vingtaine de mètres au bout du rocher de la vierge si le BO venait à se maintenir tant il semble le seul à faire avancer son équipe, et tout ça sans courir. Par contre pour ce qui est du buteur bayonnais, arrêtons nous quelques instants pour faire le point. Le garçon s’appelle tout de même Jacques-Louis, ressemble, comme le disait la Boucherie, à un méchant nazi dans un film d'Indiana Jones mais il a surtout enfilé les pénalités comme Marconnet les mousses au chocolat à la cantine. Et devinez quoi? Il est arrivé sous l’ère JP Elissalde, comme un symbole! Du coup, les deux protagonistes se sont livrés au concours de qui a la plus grosse, et à ce petit jeu là, c’est le sud-af qui a gagné, 21 à 14.

Tout ceci s’est fait au rythme des applaudissements des nombreux sympathisants bayonnais (dont nous, avouons le) et nous n’hésitions plus à applaudir et vivre un peu plus le match au fur et à mesure qu’il se déroulait. En fait, il n’y avait qu’un seul biarrot présent dans la salle, le dernier des Mohicans, qui pestait à chaque pénalité que sifflait Mr Garcès contre le Y.O. Serge Blanco lui continuait de fondre inéxorablement dans les tribunes, comme une vieille glace à l’italienne que l’on délaisse au soleil. Celui-ci par contre ne s’est pas fait prier pour s’éclipser des gradins un peu plus tôt que tout le monde pour être le premier à la sandwicherie, on voit là les réflexes de vieux briscard.
Ne soyons pas trop méchants contre le B.O. Ils ont quand même réussi à marquer le seul essai du match, plutôt joli d’ailleurs, sur une feinte de passe de... Julien Peyrelongue mesdames et messieurs, rien que ça ! Alors même si notre objectivité légendaire nous pousse à applaudir la performance, il n’en reste pas moins qu’il s’agit de Julien Peyrelongue. Et pourquoi pas Benoit Baby tant qu’on y est?! Les bayonnais ne méritaient peut-être pas de rester en Top14 finalement ?

Bon et pour nous? Plusieurs “bières” plus tard et sans l’ombre d’un fan de Florian Fritz à l’horizon, nous décidions de reprendre la route, persuadés d’avoir trouvé un sosie de Fabien Pelous. Finalement, l’homme n’avait en commun qu’une taille démesurée et une machoire d’acier... Tant pis, comme à l’aller, nous enfourchons chacun un de ces vélos en libre service sur lesquels nous fendons le vent d’Autan à travers Toulouse. Ah et la rencontre? Victoire des Bayonnais, un espoir de maintien et pas un seul papa de joueur sur la pelouse. Autant dire, pour utiliser une expression chère à Serge Blanco, qu’on est resté sur notre faim...


FM et SK